Blog bilingue(Arabe-Français)traitant divers sujets. articles éducatifs et instructifs qui sont en relation directe ou indirecte avec la lutte contre l'analphabétisation et l'éducation non formelle nationale ou internationale.
Être analphabète veut dire mener une vie difficile, inadaptée au monde moderne. Une personne analphabète rencontre quotidiennement d’énormes difficultés à communiquer et à s’exprimer, se sent toujours inférieure aux autres et se trouve socialement exclue. Si certains vivent et meurent «ignorants», d’autres prennent les choses en main et décident de changer leur vie en s’inscrivant dans des programmes d’alphabétisation. Le nombre de bénéficiaires de ces programmes est passé de 286 000 en 2002-2003 à plus de 735 000 au titre de l’année 2011-2012.
52% des bénéficiaires, soit 380 000 personnes ont participé à ces programmes d’alphabétisation grâce aux efforts des associations dont le nombre a atteint 1 100 ONG. Les opérateurs publics ont, quant à eux, assuré la couverture de 48% des bénéficiaires. Ce chiffre record, selon le ministère de l’Éducation nationale, porte ainsi le cumul des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation pendant les dix dernières années à plus de
6 millions de personnes. Les femmes représentent plus de 80% des participants aux programmes d’alphabétisation et 50% des bénéficiaires sont issus du milieu rural. «Les efforts déployés en matière d’alphabétisation au Maroc ont permis de réduire le taux d’analphabétisme de 43% en 2004, selon le Recensement général de la population et de l’habitat à moins de 30% actuellement (25% chez les hommes et 40% chez les femmes)», indique El Habib Nadir, directeur de la lutte contre l’analphabétisme au ministère de l’Éducation nationale. Et d’ajouter que : «Si sur le plan quantitatif et la qualité des prestations, on peut dire que nous avons réalisé des avancées remarquables, sur le plan des débouchés de l’alphabétisation, il reste beaucoup à faire, notamment la mise en place de passerelles entre l’alphabétisation et les autres composantes du système éducatif et essentiellement avec la formation professionnelle. Il est primordial d’inscrire l’alphabétisation dans un processus continu d’apprentissage en exploitant toutes les offres disponibles. L’alphabétisation doit trouver sa place dans les composantes de mise à niveau des ressources humaines du pays pour réussir les plans sectoriels».
Outre les écoles et les centres d’alphabétisation, les mosquées continuent de dispenser des cours d’alphabétisations. Ainsi, Sa Majesté
le Roi Mohammed VI a donné, le 28 septembre 2012, à Marrakech, le coup d’envoi du Programme de lutte contre l’analphabétisme dans les mosquées au titre de l’année 2012-2013.
Il est à signaler que ce programme contribue annuellement à l’effort national en matière d’alphabétisation. Pour la seule année 2011-2012, sur un total de 735 062 bénéficiaires des cours d’alphabétisation, le nombre de participants au programme supervisé par le ministère des Habous et des affaires islamiques et dispensé dans les mosquées s’élève à plus de 180 000 personnes, soit près de 25% de l’effort national. «Cette expérience d’alphabétisation dans les mosquées, démarrée sur Instructions royales en 2000, constitue une idée et une expérience novatrice dans le monde arabo-musulman. Le Maroc est l’un des rares pays à utiliser les mosquées comme lieu d’éducation et de diffusion du savoir. Pour la période 2011-2016, le ministère des Habous et des affaires islamique s’est fixé comme objectif un million de bénéficiaires et plus de 250 000 bénéficiaires annuellement à partir de 2013», El Habib Nadir.
Par ailleurs, rappelons qu’au Maroc, le démarrage des cours d’alphabétisation est fixé pour le 13 octobre de chaque année qui coïncide avec la Journée nationale de l’alphabétisation. «La date de lancement des cours d‘alphabétisation marque un décalage de plus d’un mois par rapport à la rentrée scolaire, pour favoriser une rentrée d’alphabétisation des adultes réussie. Néanmoins, il y a une très grande flexibilité dans la date de la rentrée et dans le déploiement du package horaire d’alphabétisation, qui est de 300 heures, et ce en s’adaptant avec les attentes et la disponibilité des bénéficiaires», explique le directeur de la lutte contre l’analphabétisme du ministère de l’Éducation nationale. Et de poursuivre : «Les cours sont généralement dispensés à raison de trois à quatre séances de deux heures par semaine et les horaires sont fixés en commun accord entre les alphabétiseurs et les bénéficiaires tenant compte également de la disponibilité des lieux d’alphabétisation».
En reconnaissance des efforts consentis par le Maroc dans le domaine de l’alphabétisation, l’UNESCO a attribué une mention honorable du Prix Confucius-UNESCO d’alphabétisation au titre de l’année 2012 à la direction de la lutte contre l’analphabétisme pour son programme d’alphabétisation et de post-alphabétisation et sa contribution à l’autonomisation des femmes au Maroc. «Le jury international a vivement reconnu le programme pour son impact fort sur la réduction des taux d’analphabétisme dans le pays et pour sa contribution à l’intégration socio-économique des femmes», souligne El Habib Nadir, directeur de la lutte contre l’analphabétisme du ministère de l’Éducation nationale. «Ces résultats salués ainsi par la communauté internationale, sont également le fruit de la participation de plusieurs intervenants nationaux, mais également d’un fructueux appui de partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne, la Coopération espagnole, la Millenium Challenge Corporation, l’UNESCO, l’ISESCO, la coopération allemande», poursuit-il.