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Blog bilingue(Arabe-Français)traitant divers sujets. articles éducatifs et instructifs qui sont en relation directe ou indirecte avec la lutte contre l'analphabétisation et l'éducation non formelle nationale ou internationale.

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Projet 5 du programme d’urgence : volet de la lutte contre le décrochage et l'abandon scolaire

DSC01579Des éclaircissements étant apportés, quelle est la situation maintenant, et surtout que fait l’Etat pour le million d’enfants de moins de 15 ans non scolarisés ou déscolarisés pour leur faire reprendre le chemin de l’école et lutter ainsi contre l’analphabétisme ? Et, d’autre part, que fait l’Etat pour retenir ces enfants à l’école, et lutter ainsi, en amont, contre l’abandon scolaire ? C’est le volet Education non formelle (ENF) qui répond à la première question. Et le volet programme d’urgence à la seconde.

Côté ENF, force est d’admettre que le bilan reste bien modeste, en dépit de quelques efforts, et malgré ce programme d’urgence décrété par le gouvernement en 2008 qui a lui-même consacré tout un projet (c’est le projet 5) à la lutte contre le redoublement et le décrochage scolaire. Le bilan de l’année 2009-2010 de l’ENF parle en effet de 38 197 enfants (sur le million de déscolarisés et de non-scolarisés) ayant bénéficié de ce programme, dont 19 038 filles et 19 159 garçons, 41% dans les villes et 59% dans les zones rurales.
Le bilan note ainsi un accroissement de 15% par rapport à 2008-2009. Rappelons que le programme d’ENF est centré sur deux axes : primo, un travail préventif pour essayer d’apporter de l’aide aux élèves en difficulté scolaire ou à problèmes sociaux afin de les sauver du redoublement et de l’abandon. Secundo, un travail curatif destiné aux élèves ayant abandonné l’école et qui trouvent une seconde chance dans le cadre de l’école informelle (voir encadré). Ces programmes de formation se réalisent dans des centres plus ou moins correctement aménagés, soit dans les écoles publiques, soit dans des espaces propres aux associations ou dépendant d’autres partenaires (maisons de jeunes, centres communaux, …). A noter qu’aussi bien sur le plan préventif que sur le curatif, l’apport du  tissu associatif est de premier plan, que ce soit au niveau de l’encadrement ou au niveau du financement. Pour l’année 2009-2010, à titre d’exemple, 264 associations ont pris part à ce programme d’ENF, avec 950 animateurs et un budget de 47 MDH (en augmentation de 40% par rapport à l’année dernière). «Cette augmentation s’explique par l’intérêt foncièrement politique accordé à ce programme d’ENF, alors que d’autres directions ont vu leur budget baisser, la nôtre est l’une  des rares qui a vu le sien augmenter», se réjouit H’ssain Oujour, directeur de l’ENF au ministère de l’éducation nationale (MEN). Mais, chose importante à signaler : ces 47MDH ne constituent pas plus de 40% du budget global du programme ENF de l’année 2009-2010. Qui a financé l’autre partie ? Les 264 associations et partenaires ayant participé à ce programme. Il faut savoir en effet que le coût de la formation annuelle d’un élève est estimé entre 800 et 8 000 dirhams et que la contribution de l’Etat ne dépasse pas les 800 DH annuels par enfant. Les animateurs ayant participé à ce programme sont pour leur grande majorité (73%) des diplômés de l’université en chômage. En moyenne, le salaire mensuel d’un animateur est négligeable eu égard au travail qu’il fait : 2 000 DH par mois. Ces animateurs, reconnaît M. Oujour, «travaillent dans des conditions très précaires et doivent faire preuve de qualités psychologiques pour mener ce travail, ce qui est un paradoxe. Ils vont dans la rue, les agglomérations et les douars perdus pour faire un travail de veille, et donc ils sont appelés à avoir un contact permanent avec les enfants et leurs familles pour les soutenir psychologiquement et les aider à ne pas abandonner l’école, et d’y retourner ou d’intégrer l’ENF s’ils ont déjà décroché». Un autre souci anime le directeur de l’ENF : ces animateurs ne sont pas des fonctionnaires du MEN, et «une vigilance s’impose de notre part  sur la qualité civique et citoyenne de la formation dispensée par eux», insiste M. Oujour.
L’action préventive et l’action curative de l’ENF se complètent. Chaque année, pour préparer le programme de l’année suivante, la direction en charge du dossier mobilise tous les acteurs éducatifs et dans toutes les écoles pour faire un travail de recensement des élèves déscolarisés.

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