Blog bilingue(Arabe-Français)traitant divers sujets. articles éducatifs et instructifs qui sont en relation directe ou indirecte avec la lutte contre l'analphabétisation et l'éducation non formelle nationale ou internationale.
Un recensement se réalise directement par les élèves scolarisés eux-mêmes, une opération appelée «child to child» (enfant pour enfant). Elle s’inscrit dans un processus de suivi individualisé de l’élève à l’aide d’un livret personnalisé, et ce, à travers des cellules de veille au sein des écoles et avec l’implication des acteurs locaux et partenaires de l’école. Jusqu’en juin 2010, 3 488 748 élèves ont eu droit à un livret de suivi personnalisé dans le primaire, ce qui représente 98% du total des élèves. Cette «veille éducative» est censée servir de rempart contre la non-scolarisation et la déscolarisation. Des entretiens au cas par cas ont lieu avec des enfants qui ont abandonné l’école ou qui n’ont jamais été scolarisés, avec comme objectif de connaître les raisons à l’origine de cet abandon ou de ce refus d’aller à l’école. Opération où chaque enfant subit un entretien et remplit un questionnaire expliquant ce qui l’a poussé à quitter l’école. Récurrent certes dans les réponses de ces ex-élèves, le facteur économique n’est pas pour autant le seul à être évoqué. Il s’avère en fait que la relation de l’enfant avec son école est tout sauf une relation d’amour. Une étude de l’UNICEF a déjà, en 2004, mis en exergue quelques raisons de ce désamour : mauvaises relations de l’élève avec ses enseignants, souvent fondées sur la violence et la dévalorisation de l’enfant ; manque de matériel pédagogique ; inadaptation des structures ; absentéisme des enseignants ; défaut de formation initiale des enseignants aux besoins de l’école et des élèves... Et la liste des raisons qui démotivent l’élève et le poussent à quitter l’école est longue.
Lancée en mars 2010 à l’occasion d’un séminaire organisé à Rabat, cette opération de recensement qui a préparé le terrain pour la rentrée a permis de sensibiliser 3,7 millions d’élèves du primaire sur les conséquences de la déscolarisation précoce. Elle vise, et c’est le plus important, la réinscription à l’école d’environ 30 000 enfants et la rescolarisation de 45 000 autres dans le cadre de l’école de la deuxième chance. Cette dernière, malgré ses résultats modestes, a certainement sa place dans le processus de scolarisation, en ce sens qu’elle repêche, chaque année, quel-ques dizaines de milliers d’enfants ayant abandonné l’école. Mais c’est sur l’école formelle, celle de la première chance, que tout le travail doit se concentrer, et c’est là toute «l’alchimie du programme d’urgence», affirme Ahmed Akhchichine, ministre de l’enseignement. S’il réussit, comme le prévoit ce même programme, à atteindre à l’horizon 2012-2013, dans chaque commune, un taux de scolarisation de 96% pour les enfants de 6-11 ans, et de 90% pour les enfants de 12-14 ans, le Maroc aura franchi un grand pas vers la scolarisation de tous les enfants en âge de scolarité. L’ENF sera alors au service des seuls adultes qui traînent encore, comme un fardeau, leur analphabétisme. En attendant, le chemin est très long...
